| Né en 1964 dans le contexte de la remise
en question au Québec de l'avenir de la fédération,
le Conseil a rapidement conféré à ses activités
une portée pancanadienne et pris fait et cause pour le
Canada. Il n'a cessé de s'adapter au changement et, de
façon continue mais discrète, il a amené
des milliers de Canadiens à s'intéresser et à
participer aux grandes discussions qui touchent le fonctionnement
de leurs institutions politiques.
Tensions entre Canadiens anglophones et francophones -
Les débuts du Conseil
En 1964, un groupe de Canadiens, alarmés par les tensions
croissantes entre anglophones et francophones, créent
le Comité Canada, ancêtre du Conseil.
Au Québec, la Révolution tranquille bat son
plein. Elle s'accompagne d'une forte volonté de réforme
constitutionnelle, qui donne naissance à un mouvement
séparatiste embryonnaire.
Au Canada, la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme
et le biculturalisme jette les bases de réformes comme
l'instauration d'une politique des langues officielles, destinée
à faire respecter l'unilinguisme des Canadiens.
L'Ouest canadien se sent étranger à ces débats
et son sentiment d'aliénation commence à percer.
Pendant ce temps, les membres du Comité Canada tissent
des liens dans toutes les régions, s'efforçant
de mieux faire comprendre la source des tensions et par le
fait même, d'en éclairer la signification et
les voies de solution.
Le Comité Canada devient alors le Conseil de l'unit
canadienne, appellation qui traduit son orientation profonde
et le sens de son action.
Pour faire face à la menace séparatiste, une
coalition de Canadiens
En 1976, le Canada fait face à un pouvoir séparatiste
à Québec
qui amorce la préparation d'un référendum
sur l'indépendance.
Conscient qu'il ne s'agit pas là d'une affaire à
régler entre Québécois mais d'une cause
qui bien au contraire intéresse tous les Canadiens,
le Conseil entreprend la création d'une vaste coalition
des fédéralistes de tous les partis.
En vue du référendum de 1980, le Conseil multiplie
ses efforts. Il informe sans relâche les Canadiens de
la nature des enjeux, il publie des études sur les
relations entre le Canada et ses provinces, sur la souplesse
des institutions canadiennes et du régime fédéral,
et sur les grandes valeurs qui sous-tendent le fonctionnement
d'un pays multiculturel aux régions fortement caractérisées.
Conformément à son statut d'organisme non partisan,
le Conseil remplit ainsi auprès des citoyens, à
l'occasion de l'un des débats les plus importants de
l'histoire du pays, sa mission d'éducation, d'information
et d'appel à la participation.
Après le référendum, le débat
constitutionnel reprend de plus belle
Durant la campagne référendaire, le gouvernement
fédéral avait promis qu'un NON à la séparation
signifierait un OUI à des changements constitutionnels.
La constitution a été rapatriée et modifiée
et on y a intégré la Charte canadienne des droits
et libertés.
Cependant, en 1982, le débat constitutionnel reprend
de plus belle. Il se poursuivra vigoureusement jusqu'au début
des années 1990.
Durant toute cette période d'effervescence politique
et constitutionnelle, le Conseil, fort de l'appui de ses milliers
de bénévoles et dans le respect de son statut
et de son mandat, soutient énergiquement par ses travaux
les citoyens qui participent aux différentes phases
du débat dans toutes les régions du pays.
Un nouveau référendum, puis des signes d'accalmie
Ces années de discussions intenses ont eu pour effet
de fatiguer l'opinion publique canadienne et c'est dans cet
état que les Canadiens ont été contraints
d'envisager la perspective d'un nouveau référendum
mettant en cause l'intégrité de la fédération.
Une fois de plus, le Conseil a joué un rôle
clé auprès des Canadiens en renouvelant l'information
sur la fédération canadienne et sur ses avantages
pour l'ensemble de la population. Une fois de plus, il a amené
tous les Canadiens à prendre conscience des exigences
du système fédéral, très haute
forme d'organisation politique fondée sur un jeu d'équilibres
en constante évolution.
Au terme de cette période houleuse, marquée
également par une importante décision de la
Cour suprême sur le processus référendaire,
les Canadiens semblent souhaiter une accalmie dans les discussions
constitutionnelles.
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